JEUDI-SAINT -   2008 - QUIBERON

Frères et soeurs comme  chaque année, nous voici réunis ce soir pour vivre ensemble ce grand moment de notre foi. En effet, Jésus « sachant que son heure était arrivée » pris du pain, pris du vin et de ce repas de la Pâque il a fait un passage, une pâque définitive.
Et voilà que ce soir nous sommes réunis pour que nous n’oublions pas que, dans notre vocation chrétienne, nous devons être des passeurs.
Chaque année nous venons renouveler, d’une manière plus solennelle, ce repas du Seigneur que nous partageons chaque dimanche. Parce qu’il est au cœur de l’expérience chrétienne, un baptisé qui ne célèbre pas régulièrement ce repas du seigneur est un baptisé à qui il manque l’essentiel.

Contemplons ce soir l’attitude que Jean nous donne dans ce passage du chapitre 13 de son évangile.

Tout d’abord, Jean nous dit de Jésus, «  Sachant que son heure était arrivée ». Jésus est en pleine connaissance du chemin qu’il va suivre, de la Pâque qu’il va définitivement vivre. Il va nous entraîner, nous aussi, sur ce chemin de véritable liberté. Car nous sommes aussi des esclaves, esclaves de notre confort, esclaves de l’argent, esclaves de telle ou telle attitude du monde. Et nous avons besoin de ce passeur qu’est Jésus pour pouvoir, chaque dimanche, dans l’Eucharistie, être libérés, retrouver notre liberté d’enfant de Dieu, vivre à fond la liberté de notre baptême.

Jésus « sachant que son heure était arrivée » ne va pas subir sa mort mais va, au contraire, la conduire dans sa pleine liberté, pour qu’elle soit un passage, une Pâque définitive pour tous les hommes qui crient en lui.


 
 
 

Et ce soir nous sommes là, nous aussi, pour faire de notre vie, quelle qu’elle soit, un passage. Peut-être, sommes-nous dans une période difficiles, passages, je n’en évoque que quelques uns, passage après une période de souffrance, d’un deuil, passage du travail à la retraite, passage d’une dizaine d’années, ……. et tous ces passages, nous devons en faire des chemins de liberté, ne pas les subir mais les choisir.
Ce soir Jésus «  sachant que son heure était venue », va nous entraîner dans cette dynamique.

Saint Jean ajoute que Jésus a conduit ce passage « jusqu’au bout ».

La société de consommation dans laquelle nous sommes nous apprend à fleureter avec la vie, c'est-à-dire à rester dans une couche superficielle de notre vie, de ne plus avoir le temps, de ne plus prendre le temps d’approfondir, de descendre au fond de nous-mêmes. Nous sommes des agités qui vivent à la superficie de leur être et qui, ainsi, risquent bien d’être déçus de ce qu’ils vivent.

Aller jusqu’au bout de ce que je suis, au bout des responsabilités qui sont les miennes, aller jusqu’au bout de la réponse que je donne chaque jour au Seigneur. Reconnaissons que bien souvent nous n’allons pas jusqu’au bout du don de nous-mêmes et même, parfois, nous rendons un mauvais service en freinant ceux qui veulent aller jusqu’au bout.

Notre église a besoin que chacun de nous aille jusqu’au bout de sa vocation de baptisé et chaque fois que nous communions, comme nous allons le faire tout à l’heure, Jésus livré jusqu’au bout, nous donne la dynamique d’aller jusqu’au bout.

 

Enfin Saint Jean est le seul qui, au cours du repas pascal a retenu ce lavement des pieds. Pour faire ce passage, Jésus ne va pas se contenter de le dire, il va poser un acte. Il y a deux manières de parler : parler avec les mots, parfois trop parce qu’ils finissent par ne plus rien dire du tout, et parler par des actes, poser des actes.

L’Eucharistie est un acte que Jésus a posé au cours du repas pascal, un acte prophétique, un acte qui donnait déjà tout l’éclairage de sa mort et de sa résurrection. Il a posé cet acte qui laisse Pierre et les apôtres désorientés : prendre la place du dernier des serviteurs, en lavant les pieds de ses apôtres. Cet acte, il va le poser pour leur montrer le passage qu’ils ont à faire.
Si vous voulez être vraiment mes disciples, commencez par vous laver les pieds les uns aux autres car dans mon Royaume, le pouvoir est service.

Alors ne pensons pas seulement à ceux qui prennent des responsabilités importantes sur des plans politiques ou autres, pensons simplement à ce pouvoir que nous avons les uns sur les autres, en couple, en famille, dans notre travail, dans notre voisinage, dans notre paroisse.

Est-ce que nous exerçons ce pouvoir en posant des actes lumineux de serviteurs pour monter que, grâce à Jésus, nous avons renversé complètement la vapeur et que nous sommes des serviteurs ?

Jésus marche devant nous sur le chemin. Il commence ce passage allant jusqu’au bout du chemin et posant un acte prophétique pour apprendre à ses apôtres à devenir des serviteurs.

Frères et sœurs, ce soir, demandons à Jésus de répondre pleinement à notre vocation de passeurs.


AMEN