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Les 40 jours du carême vont nous préparer et nous conduire à la célbration de Pâques, la Résurrection du Christ. Je voudrais vous donner quelques reflexions sur ce mystère de la Résurrection.
Ce qu'il y a de plus central dans notre foi chrétienne est aussi ce qui est le plus difficile à croire. Ne soyons donc pas surpris d'avoir parfois du mal à croire à la Résurrection.
Toutes les figures ou images que nous avons de la Résurrection sont insuffisantes pour dire la Résurrectio.
Toute la Bible est tendue vers le récit de la Pâque du Christ.
Les récits évangélique nous introduisent dans un mystère. Si nous lisons ces récits évangéliques, nous arrivons vite à la conviction que l résurrection de jésus n'est pas ce que l'on pourrait croire.
La Résurrection de Jésus n'est pas un "fait historique". Car un fait historique exige des témoins, or personne n'a vu Jésus sortir du tombeau. De plus, Jésus ne reprend pas sa vie d'avant, il ne revient dans notre histoire que par ses disciples. On ne le reconnait pas du premier coup, on ne l'identifie qu'à des signes, par exemple le partage du pain ou la pêche miraculeuse (Luc 24/35, Jean 21/7 et 12/14). On ne sait où le trouver et il se manifeste quand il veut, comme s'il n'était plus tributaire de l'espace et du temps. Les récits évangéliques ne cherchent pas à nous décrire ce qui s'est passé concrètement, mais à nous introduire dans un mystère. Chacun de ces récits nous livre un aspect particulier de la Résurrection.
Tous ces récits veulent nous faire comprendre que la foi n'est pas immédiate, qu'elle peut être laborieuse et n'être jamais acquise définitivement.
Le Christ ressussité est actif en nous et par nous, mais sa présence échappe à notre expérience sensible. Nous sommes encore à l'heure du "croire sans voir", comme l'explique Jésus à Thomas en Jean 20/29.
Cet acte de liberté par lequel nous croyons au Dieu de la vie n'est pas facile. Les disciples ont eu du mal à croire. Au jour de l'Ascension, certains d'entre eux avaient encore des doutes (Matthieu 28/17).
La foi en la Résurrection de Jésus n'est pas un remède contre la souffrance. Avec Jésus, la mort n'est pas économisée mais traversée. La vie reçue en cette seconde naissance est vraiment nouvelle, et c'est pourquoinos morts, comme Jésus lui-même, sont hors de portée de nos sens.
Il reste que toute notre foi, toute notre relation à Dieu sont suspendues à la Résurrection: "Si le Christ n'est pas réssussité, vide est notre prédication, vide aussi notre foi" (Corinthiens 15/14). En effet, si l'accès à une vie nouvelle n'existe pas, Dieu a partie liée avec la mort et le néant; il n'est pas Amour. C'est parce qu'il y a résurrection que notre vie, non détruite mais transformée, devient sacrée. Avec le Christ, nous sommes déjà ressuscités.
Nous sommes déjà dans la "vie eternelle", qui prendra une forme nouvelle quand nous serons libérés de la mort. Déjà Jésus nous est intérieur par son Esprit, et c'est pourquoi nous ne le voyons plus, il fait corps avec nous....
Père Bernard PLISSON
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