Nous venons, en quelques mois seulement, de vivre l'ineffable. Dieu a visité la Terre. Une chose à laquelle nous aurions sans doute dû consacrer plus de temps pour comprendre, plus de silence pour réaliser et nous en émerveiller. Avent, Noël, temps ordinaire, cendres, carême, Pâques,... Des mots qui ne se lisent pas seulement, mais se pèsent. Ces réalités ne se comprennent pas, elles se célèbrent seulement. Dieu nous a sauvés dans le temps et nous lui répondons dans le temps, avec des étapes, des haltes, des silences, des musiques... Afin que Sa volonté soit Fête. Une fête sans fin.
Par le double événement de la Mort et de la Résurrection de son Fils, Dieu s'est livré à nous et nous a délivrés de la Mort. Dieu n'a pas attendu que l'homme monte vers Lui; Il est descendu le premier et nous a ainsi donné grâces sur grâces. Mais par-dessus tout le Père nous a fait don de la Foi. Pour moi, la foi, c'est une Main tendue. Ce à quoi ma vie tient. Ce à quoi je m'accroche quand parfois tout s'écroule, quand parfois je ne comprends plus rien. La foi c'est la trace de Dieu dans nos vies, l'odeur qu'Il y laisse à son passage.
Oui l'Esprit-Saint est versé en nos coeurs pour nous aider à garder ce parfum de Dieu en nos vies. Voilà pourquoi nous serons toujours pleins de reconnaissance devant le Père. Il ne donne pas seulement, mais aide à garder ce qu'Il donne. Et l'espace où nous exprimons et partageons cette reconnaissance, c'est l'Eglise. Plus concrètement, notre paroisse. Nous y fortifions notre foi en la partageant et la transmettant les uns aux autres, au coeur de ce monde qui ne sait plus à quel dieu se vouer. Nous nous y réconfortons les uns les autres en y témoignant de notre bonheur de croire, au coeur de ce monde trahi par trop de faux espoirs.
L'Eglise tire son mystère de la Trinité. L'Eglise est un mystère de relation. Il s'agit de liens visibles et invisibles qui nous relient les uns les autres, par le Christ. Mais plus qu'un mystère de relation l'Eglise est essentiellement mission. Nous ne pouvons pas garder pour nous-mêmes ce que Dieu nous révèle. « L'honneur du tam-tam c'est de se trouer lors d'une fête », dit bien ce proverbe.
Nous avons été aimés pour que nous aimions à notre tour. Nous avons été pardonnés pour que nous pardonnions à notre tour. Nous avons été nourris pour que nous allions nourrir à notre tour. Nous avons été visités pour que nous allions visiter les autres. Par son clin d'oeil, Dieu nous a fait signe sur la croix pour que nous devenions à notre tour des signes, et pas uniquement porteurs d'insignes... Dieu nous a portés sur sa croix pour que nous portions à notre tour les fardeaux les uns des autres. Voilà la beauté du message...
Dieu nous attend. Il mise sur nous aujourd'hui. Sa volonté sera fête si nous nous approchons davantage les uns des autres. Si nous quittons nos frontières, petites ou grandes. Allez! En marche vers cette Eglise de...proximité que le monde appelle de ses voeux, cette Eglise qui ne compte plus ceux qui vont vers elle, mais ceux vers qui elle va. C'est cela la nouvelle Pentecôte.
Père Laurent Lubulu |
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