Les pardons Bretons

Les pardons Bretons sont nés de la manière suivante: les paroisses bretonnes avaient été divisées en quartiers, "frairies" ou "confréries", dans lesquels les gens se devaient aide et assistance; ainsi la veuve voyait-elle son champ cultivé par les voisins, ou "la part de filet" de son mari défunt gardé sur son bateau, etc.

Chaque confrérie se mettait sous la protection d'un saint et bâtissait sous son vocable une chapelle, qui était le centre spirituel du quartier.

Une ou deux fois par an, les habitants se réunissaient pour refaire l'unité de la confrérie et se donner le pardon des déchirures et des affronts. C'était une fête religieuse, avec confessions, messe, procession, feu de joie (où brûlaient les offenses), suivie d'une fête populaire ...

Ce n'est donc pas la dévotion à un saint plus ou moins légendaire, encore moins une source réputée miraculeuse, qui se trouvent à l'origine des Pardons.

Mais la coutume des Pardons est la raison d'être de la plupart des chapelles dont la Bretagne est constellées.

La réanimation d'une vie de quartier, signifiée par les nombreuses associations renaissantes autour de ces chapelles, justifie les Pardons d'aujourd'hui.

Sources: Théo et La Croix

 

Un Pardon, en Bretagne

Le Pardon, c'est l'occasion pour les chrétiens d'un quartier de s'assembler pour fêter solennellement le saint Patron de leur chapelle, de s'approprier son message évangélique, dans la foi, le recueillement, la prière, en écoutant pieusement le sermon du «pardonneur», en chantant le cantique traditionnel, en breton ou en français, avec ses expressions naïves d'antan, en célébrant l'Eucharistie, en processionnant jusqu'à la fontaine, en allumant un feu de joie, en faisant claquer des pétards.

Occasion pour les familles, dispersées durant l'année, de se retrouver pour des loisirs, autour d'un repas de fête, de « retrouvailles », avec 500 convives ou plus.

Occasion d'oublier éventuellement des litiges mal solutionnés, des paroles maladroites, des blessures encore à vif. Les chrétiens poussent plus loin, plus profond, en se soumettant humblement au Sacrement du Pardon, de la Réconciliation.

Occasion de se réjouir ensemble tout un après-midi par des jeux traditionnels, des concours de force ou d'adresse... Ainsi se resserrent les liens de l'amitié.

Occasion de redécouvrir le sens de la présence d'un lieu-saint au coeur du hameau, témoin des joies et des peines, des amours et des chagrins, signe de la présence de Dieu dans la vie quotidienne, invitation à la prière.

Occasion de se souvenir qu'avant nous vivaient ici des chrétiens, qui ont construit une chapelle au XVII e siècle, au XVI e , peut-être au XV e ou au XIV e . Après nous, de nouvelles générations nous seront reconnaissantes de l'avoir entretenue, améliorée, léguée en bon état.

Un Pardon, c'est toute une vie, la nôtre, c'est aussi toute une histoire, celle de notre Eglise.

Père Jean Le Dorze

Chanoine de la cathédrale