Le niveau des mers s'est élevé de cinq à six mètres depuis l'époque des mégalithes (3 500 ans avant J.C.). Le cromlech immergé d'ER LANNIC (Golfe du Morbihan) en est la preuve incontournable.
Cette montée des eaux entraîna l'immersion de la forêt qui couvrait l'actuelle baie de Quiberon. Elle entraîna aussi l'insularisation du massif quiberonnais, y compris Tiviec, qui autrefois faisait partie de la plaine côtière. On situe habituellement la dernière montée des eaux vers l'an 800 de notre ère.
Le mouvement des marées amena la constitution d'un pédoncule sableux dit « tombolo » joignant la nouvelle île au continent. Mais ce pédoncule, dans sa partie la plus étroite, était recouvert par la mer à chaque marée haute ce qui rendait la jonction aléatoire et peu carrossable. Ce n'est qu'en 1882 que édifiée la digue à l'occasion de la venue du chemin de fer.
Jusqu'alors coexistaient la liaison terrestre par une piste le long tombolo et une liaison maritime entre Carnac et vis-à-vis sur la presqu'île. Simultanément le transport maritime le long de la côte (cabotage) se développait. Il en résulta la création d'un petit port à l'emplacement du futur Saint Pierre ; les maison édifiées là constituèrent un « Ker Nevez » (nouveau village).
Il fut bientôt nécessaire de répondre aux besoins spirituels des populations car Quiberon et Lotivy étaient bien éloignés....
C'est en 1680 qu'un lieu de culte fut finalement édifié, au titre de chapelle auxiliaire de l'église de Quiberon, elle fut dédiée à saint Pierre, prince des apôtres, et son nom se substitua très vite à celui de « Ker Nevez ». Ce n'était à l'origine qu'une chapelle rectangulaire toute simple du style de Notre Dame de Lotivy.
Au fil des années, on fut amené à allonger la nef, puis à la doter d'un transept. On la aussi d'une nouvelle sacristie.
Cette église prit progressivement son essor : autorisation de conserver le Saint Sacrement dès 1768, puis érection en paroisse autonome en 1843, la commune, elle, ne devint autonome qu'en 1856.
Entre temps l'édifice avait subi les outrages du temps et des hommes :
- Pillage des Anglais (avec vol de la cloche) en 1746
- Tourmente révolutionnaire, pendant laquelle elle fut réduite à des usages profanes.
Elle subsista jusqu'en 1936, date à laquelle sa vétusté et ses petites dimensions face à la foule des vacanciers, rendirent nécessaire de la remplacer. On réussit le tour de force de raser la vieille église et de construire la nouvelle église en moins d'un an. Début juillet 1937 on pouvait de nouveau célébrer la messe dans la nouvelle église.
Le nouveau clocher permit d'accueillir une deuxième cloche dès l'inauguration, et une troisième en 1970.
Ne demeurent de l'ancienne église que la sacristie, les bancs, quelques statues et la doyenne des cloches.
L'orgue, oeuvre du facteur alsacien Schwekodl fut installé en 1966.
La fresque située derrière l'autel, inspirée de « La Trinité » de Roublev est l'oeuvre d'un artiste local, J. Goyat, qui alla s'initier à l'art des icônes auprès des moines du Mont Athos, en Grèce.
A quelques mètres d'ici, près de l'entrée du cimetière, on remarquera une tombe ombragée de quatre cyprès... C'est celle de l'abbé Mahé qui fut recteur ici de 1879 à 1885. A quarante neuf ans il mourut en odeur de sainteté après s'être dévoué au chevet d'une cinquantaine de jeunes St Pierrois, victimes d'une épidémie de croup. On continue à venir implorer son intercession pour les maladies infantiles.